ŒNS

Club d'œnologie de l'ENS et l'ENC


Ruinart

Description de la séance

Liste des vins

Compte-rendu de la séance

Pour recommencer l'année, nous accueillons la maison établie de Champagne la plus ancienne de France (datant de 1729): Ruinart, avec son œnologue Amélie Châtin.
D'abord, d'où vient cette forme de bouteille très caractéristique de la maison? Du fait qu'elle produisait du ratafia au XVIIIe siècle, un alcool d'apéritif, et que ce dernier était alors, comme souvent, emmagasiné dans une bouteille au corps beaucoup plus large que pour une bouteille de vin traditionnelle.
Passons maintenant en revue quatre des six cuvées de Ruinart, adepte de l'école réductrice (par opposition à l'oxydative donc; de ce fait, par exemple, les cuves de chez Ruinart sont toutes en inox).


R de Ruinart
Composé à 40% de chardonnay, 51% de pinot noir et 9% de pinot meunier, c'est la seule cuvée de Ruinart à contenir de ce dernier cépage (Frédéric Panaïotis, chef de cave, l'a introduit à la fin des années 2000). Dosé à 9g/L.
Contient pour trois quarts des raisins de 2011, le reste en raisins de 2010 et 2009.
Le nez est un peu minéral, contient de la pomme, de la poire, des noisettes, mais aussi de la mirabelle. La bulle est active, l'attaque un peu acide, mais le total est assez contenu, avec un goût de pain, ce côte un peu levurien. L'ensemble donne un vin tout en retenue, en délicatesse, chose assez rare pour être noté dans un brut réserve!

R de Ruinart millésimé 2007
Composé à 55% de pinot et 45% de chardonnay. On notera que 2007 a été une année atypique, la météo avançant les vendanges en août. Dosé à 7g/L.
Le nez contient toujours de la pomme et des noisettes, mais on dispose de plus de notes de cuir, de viennoiseries et de verveine. En bouche, l'acidité est encore présente, avec des réminiscences de peau de poire, mais c'est plus gras, plus long et plus précis que R non millésimé.

Blanc de blancs
Composé à 100% de chardonnay. Dosé à 9g/L.
La robe a de jolis reflets vert amande. Le nez est très beurré, un peu boisé et est porté par des fruits blancs comme l'écorce de pamplemousse. En bouche, il n'y a ni amertume, ni mâche, seule l'acidité très droite tient le vin.
Dégusté en bouteille d'abord (base 2011), puis en magnum (base 2010), le magnum s'est distingué par la présence de notes tertiaires, ainsi que plus de senteurs de pomme et d'amandes grillées. Cette comparaison a indubitablement montré l'avantage du magnum sur la bouteille!

Ruinart rosé
Composé à 45% de chardonnay, 18% de pinot noir macéré en rouge, le reste de pinot noir vinifié en blanc, ce rosé d'assemblage (ce qui se remarque dès la robe, d'un rouge très vif) est dosé à 9g/L.
Le nez dénote des parfums de fraise des bois, de cerise, de grenade et de basilic. La bouche reste fidèle au style de la maison.
Ruinart peut se vanter d'avoir la trace de production du plus vieux rosé, qui remonte à 1764 et était alors dénommé œil de perdrix.


Avant de finir, pensez-vous être de ceux qui "font une demie" ou de ceux qui "font une bleue"? De fait, si comme moi vous n'en savez rien puisque vous n'avez jamais fait de dégorgement, la première expression signifie que vous avez été trop lent (et avez perdu du champagne), et la seconde trop rapide (et avez gardé de la levure).
Nous remercions vivement Amélie Châtin pour sa présentation très ludique et emplie de données sur la "viticulture moléculaire". Passionnante!

                                                                                           Tony Ly, Arnaud Raoux